Mon cheval est anxieux, fin du rêve, début de la réalité.

Voilà quelques mois que j’ai pris conscience d’une chose avec Hermès : c’est un cheval anxieux.

Il n’est pas « juste jeune », il y a une réelle problématique de fond.

Cela fait 4 ans que j’ai Hermès et malgré le boulot régulier qu’on fait ensemble, il y a des choses qui ne changent pas. Voir sur lesquelles je n’ai même aucun progrès durable.

J’écris cet article d’une part pour que des gens potentiellement dans la même situation que moi, se sentent moins seuls, pour expliquer comment et pourquoi j’en suis venue à cette conclusion, pour exposer les pistes d’amélioration que j’essaie de mettre en place et pour vider mon sac ahah

Au passage, je dédie cet article à Marine et à Marion, parce que, elles aussi ont des chevaux anxieux sans qu’on sache pourquoi.

Un évènement traumatisant ?

Quand on a une problématique avec un cheval, en général on essaie de comprendre d’où ça vient, ainsi, nous sommes plus aptes à trouver des solutions précises pour faire passer des comportements de peur chez notre super poilu tout terrain.

Sauf que quand il n’y a aucun évènement traumatisant à proprement parler, on fait quoi ?

J’ai eu Hermès quand il avait un peu plus d’un an. Je l’ai acheté chez une copine éleveuse qui l’avait en dépôt vente depuis quelques mois.

Chez elle, RAS et je lui fais tout à fait confiance là dessus, car s’il y avait eu un problème quelconque, elle me l’aurait dit.

Avant, il a transité chez une copine à elle qui l’avait acheté à un gros élevage du nord de la France.

Dans cet élevage pour ce que j’ai appris après coup, il y a beaucoup de poulains, à 6 mois ils sont séparés des mères et mis en stabulation tous ensemble jusqu’à ce que quelqu’un vienne les acheter, pas de manipulation bref… si j’avais su je n’aurais sûrement pas acheté Hermès.

Partons là dessus, un sevrage brutal peut effectivement rendre les chevaux beaucoup plus sensibles ou agités et stressés que des chevaux sevrés gentiment, néanmoins, statistiquement, combien de chevaux sont sevrés ainsi ? Et combien développent par ailleurs des troubles anxieux (si on peut appeler ça comme ça) ?

Je n’ai pas la réponse, mais je pense que même si c’est une expérience très perturbante, force est de constater que la plupart des chevaux y survivent bien sinon, des élevages comme celui d’Hermès n’auraient plus aucune rentabilité en vendant des chevaux de loisirs complètement stressés pour tout et rien.

Ici Hermès a très peur et pourtant il ne montre pas des signaux à la hauteur de son stress. Il semble juste un peu flippé.

De plus, à toutes les personnes qui envisageraient qu’Hermès ait subit ou vécu des choses traumatisantes depuis que je l’ai, je précise que les traits de caractères que j’ai relevé comme étant signe d’anxiété, sont là depuis le début, il a toujours été comme ça depuis que je l’ai acheté.

La seule différence entre avant et aujourd’hui, c’est que ma perception a changé. 

J’ai toujours mis les comportements anxieux d’Hermès sur le fait qu’il était jeune, qu’il était vert, que son environnement de vie n’était pas le meilleur qui soit, que les autres chevaux étaient trop ceci ou trop cela, que, que, que….. Et si mon cheval était tout bêtement comme ça ?

J’ai envisagé pas mal d’options :

  • la santé
  • l’environnement
  • la bouffe
  • le temps
  • les températures
  • le confort
  • les copains
  • le boulot
  • moi
  • Louve

Et je ne trouve jamais de solutions durables, ni d’éléments qui rendraient son état prévisible.

Au quotidien ça donne quoi ?

Pour celles et ceux qui nous suivent depuis un moment, vous savez sans doute que toutes les manipulations physiques sont extrêmement problématiques avec Hermès :

  • prendre les pieds
  • toucher la tête
  • mettre un bridon
  • le panser
  • le soigner
  • le vermifuge

Je pense qu’avec tous les chevaux dont je me suis occupée, tous réunis, j’ai dû faire 10 fois plus de médical training avec Hermès et j’ai des résultats minuscules. Certains choses sont validées et tiennent dans le temps, mais d’autres sont aléatoires. De plus, elles ne sont pas généralisées avec les autres humains. Pour réussir à généraliser, il faudrait que j’ai X humains à dispo, pour avoir sa confiance, pour pouvoir l’approcher, puis lui mettre un licol, puis le toucher, partout etc… Hors c’est impossible, sauf si Hermès devient cheval de club et encore, pas sûre qu’ils en voudraient longtemps ahah

Pour les manip’ qui sont « validées » je peux tout faire en lib et sans bouffe si c’est un bon jour. Donc objectivement, c’est quand même super (notamment pour les soins des yeux !).

Mais pour le reste…. ça reste aléatoire.

Hermès n’aime pas le contact physique et même avec ses potes de pré, ce n’est pas un cheval tactile, voir même il fuit le contact.

À présent, le groupe dans lequel il est lui convient bien, il a sa place bien définie, a des interactions variées avec les membres du groupe et je pense que tous ses besoins de contacts sont comblés depuis un an.

L’environnement est sécurisant, le troupeau est stable, les autres chevaux prennent des décisions mais il peut avoir son indépendance s’il veut aller explorer, il a de la nourriture à volonté qui lui permet de mastiquer en permanence, beaucoup d’enrichissement car l’environnement est stimulant, mais pas trop, bref, je pense que niveau cadre de vie, on est bon.

Je le trouve d’ailleurs plus serein (si c’est le mot qui convient évidemment ahah) depuis qu’il est chez ma mère.

Niveau santé, il y a des petits loupés (comme cet été avec son parage) mais dans l’ensemble, il est en bonne santé et n’a pas de problème ingérable, même sa photosensibilité de l’oeil est moindre à présent. Il a un bon état général, j’ai fait passer la véto pour les dents en début d’années, tout roule de ce côté là aussi.

L’année dernière il a vu ostéo et shiatsu (je reviendrai très certainement sur ces pratiques dans un futur article !) et pareil, rien de bien sérieux, des tensions plus qu’autre chose.

Pendant une période, je pense qu’il avait le foie fragile, son oeil était d’ailleurs un bon indicateur de son état interne, je garde ça sous le coude comme piste d’amélioration (faire une pds pour un bilan hépatique par exemple) si cela venait à réapparaître.

Heureusement, Hermès est un cheval très curieux ! Cela facilite grandement son exploration 👌🏻

En discutant avec Marine de nos chevaux anxieux, elle a mis sur la table le sujet des ulcères, chose que jusqu’ici je n’avais jamais envisagé puisque « Hermès était un jeune cheval » et non pas un cheval anxieux. Mais je vais y réfléchir plus sérieusement, même si de prime à bord je ne vois pas de signaux en ce sens.

Pour ce qui est du temps, des températures etc… J’ai tenu un journal d’humeurs pendant x temps sur Hermès. Et bien devinez quoi ? Je ne retombais jamais sur mes pattes.

La seule chose que j’ai remarqué qui marchait à chaque fois, c’est le changement de saison.

En arrivant au printemps/été, tout s’arrange, j’ai même un vrai cheval calme et cool dans une grande majorité du temps. Dès que c’est l’automne et qu’on se dirige vers l’hiver, ça part en live et Hermès redevient stressé ++.

Je précise que si le printemps est merdique, ça s’arrange quand même et que si l’automne ressemble à un mois de mai (comme cette année), j’ai quand même une très grosse régression (donc on éloigne définitivement les températures et le climat de l’équation).

Pour le travail qu’on fait ensemble, je salue ma décision d’avoir commencé très tôt le R+ et de manière générale le travail à la nourriture avec lui.

Cela nous grandement aidé pour à peu prêt tout et je pense que notre situation aurait pu être vraiment plus compliquée sans ça, parce que finalement, la bouffe nous a permis de gagner beaucoup de temps dans la création d’une relation de confiance.

Je pense qu’orienter notre travail où Hermès a toujours été acteur des séances, avec différents bouton pour me donner le signal que là c’est okay ou qu’il faut s’arrêter, nous a permis de ne jamais aller au delà de ses limites.

Hermès est particulièrement introverti et sa bonne lecture m’a demandé un temps considérable, les boutons m’ont permis de ne jamais dépasser son seuil de tolérance tout en pouvant continuer de progresser régulièrement.

Il faut reconnaître que mes longues années à observer les chevaux ont été un précieux atout dans notre relation.

Je bénis mon éducation équestre sur ce point, car si j’avais été « juste sortie de club » je n’aurais tout bonnement jamais réussi à gérer Hermès et à l’emmener où nous en sommes aujourd’hui sans aide et sans accident (ouais c’est un peu mon moment auto-congratulation mais ça fait du bien et en plus c’est totalement vrai. Voilà).

Par ailleurs, j’ai aussi du bol, car niveau tempérament, je suis particulièrement bornée et d’un optimisme exacerbé. J’outre passe souvent mes émotions, si j’ai peur, tant pis, ça va passer, je ne m’en préoccupe pas et je fais le max pour qu’on atteigne les objectifs que je nous fixe (quitte à être dans un état pas possible à postériori une fois que tout est terminé).

Et dans les faits ?

Il y a des choses que j’ai toujours trouvé problématiques voici quelques exemples :

  • une hypervigilance exacerbée (regardé des choses au loin – très loin dans une galaxie lointaine, très lointaine – et ne pas réussir à se concentrer sur autre chose)
  • des phases de gel ou des phases de fuites (ce que j’interprétais avant comme « le petit boulet au bout de la longe » ou une « journée où il a la pêche »)
  • la cocote minute (ton cheval se gèle, puis grandit, puis passe en mode vibreur, puis tourne la tête vivement, puis te saute dans les bras, pointe de l’épaule en avant…hmmhmm super)
  • plus récemment, les hennissements étouffés qui entraine en général une cocotte minute si on ne change pas de sujet..
  • le manque de patience exacerbé pour les choses statiques (ça gigotte, ça gratte, ça s’affole, ça drop, ça te donne des coups de tête)
  • le contact hyper brutal et des signaux qui escaladent rapidement (coups de boule à tout va, te balance les pieds pour te les donner, dit au copain de se pousser puissance 1 puis de suite, lui pète la gueule puissance 294385978359…)
  • les nouvelles odeurs ou les nouveaux goûts (pas faute de lui avoir fait goûter X trucs)
  • le paradoxe (par exemple : un vélo visible à 2km dans la plaine est beaucoup plus effrayant – danger de mort imminente- qu’un sac poubelle qui s’envole soudainement sur une clôture que nous longeons dans un chemin minuscule, avec une énorme Harley qui nous rase les naseaux et des gamins dans les pattes).

Dans les faits, j’ai toujours agit avec autant de patience et de réflexion que possible, ce qui va faire la différence c’est que j’aborde la chose différemment.

Oui Hermès n’a que 5 ans et quelques, cela reste un jeune cheval, mais ce n’est pas ce qui pose problème dans le fond. Mes 3 autres précédents poulains/jeunes chevaux n’ont pas lutté contre leur système sympathique (sympathique mon c…oui !) avec une telle ferveur.

De plus, il y a une évolution sur certains points que je peux considérer comme étant dû à son âge (il progresse au travail, il accepte d’avantage de choses ou d’objets effrayants, il est moins émotif qu’avant, bref je vois qu’il a le développement normal d’un cheval qui grandit) mais il y en a d’autres où force est de constater qu’ils font partie intégrante de lui. Ce sont des traits de caractères qui ne bougent pas, ils sont parfois fluctuants mais ils sont ancrés.

J’ai espoir tous les étés que nous serons débarrassés des petits démons d’Hermès, mais non, chaque automne rebelote (et je ne sais pas pourquoi, hormis qu’il est comme ça).

Ma solution number one au quotidien et notamment à l’extérieur, c’est d’être le pilier d’Hermès. Il me fait vraiment confiance même quand c’est très dur. Cela me demande d’être particulièrement irréprochable et c’est franchement épuisant parfois.

Dernière balade à cheval 29/10/22

Je suis moi même en hyper vigilance pour qu’il n’ait pas besoin d’y être de trop. Tout est très codé, j’ai des indications pour tout (tu attends, tu t’arrêtes, tu marches, tu trottes, tu me suis, tu me laisses passer devant, tu me laisses te montrer, tu ne dois pas bouger, tu te mets à ta place, tu écoutes ce que je dis, tu souffles, tu manges, tu peux réfléchir, tu dois avancer, tu ne dois pas regarder ce truc, ici c’est okay etc…). Cela peut sembler très militaire et prodigieusement lobotomisant mais si j’ai mis tout ça en place c’est que tous les autres essais n’étaient pas concluants.

J’ai essayé de lui laisser plus d’espace, plus de temps, plus de réflexions, plus de liberté, plus de bouffe, plus de repères visuels, plus de copains… Ce qui fonctionne avec Hermès, c’est le CADRE. Je lui dis quoi faire, il me donne un bouton (OK ou STOP), si besoin je change d’option, sinon il obéit.

J’ai découvert que « c’était ça le truc » en travail à pied. Nous étions toujours full liberté et je ne trouvais aucun levier de progression pour passer les demis tours en liberté. Rien à faire ça ne prenait pas et je voyais que la situation était stressante pour Hermès car il ne comprenait pas du tout ce que j’attendais de lui. La cible que dalle, le shaping que dalle, en licol pour apprendre en décomposant en longe idem… Et un jour (en mai 2021, la vidéo est sur mon compte insta !), il y avait une chambrière dans le rond de longe, je n’avais jamais bossé de façon « classique » avec Hermès pour ce job là, alors j’ai tenté. Code oral + chambrière pour « barrer la route » et hop, le petit cheval fait demi tour face à moi comme un grand.

Bon, okay, du cadre alors.

À partir de ce moment là, j’ai ré envisager autrement notre boulot et j’ai commencé à inclure beaucoup plus de boulot à la pression (sans monter en phase sinon c’est Hiroshima) et en licol dans notre routine. Le tout accompagné de clic + bonbons évidemment (sinon c’est vachement moins fun !). Notre progression a été vraiment significative à partir de là. Et c’est à cette période que j’ai commencé à coder absolument tout.

Je vois tous ces codes comme des aides, à force de répétitions, généralisations etc… Je veux pouvoir m’en passer, au même titre qu’aujourd’hui je n’ai quasiment jamais besoin de cibles et que je peux me passer de bouffe pour beaucoup de choses (mêmes complexes).

J’avoue que je n’avais jamais envisagé que des codes puissent être des aides à proprement parler (je ne sais pas si ce passage est très clair lol) car finalement, les jours où il est stressé, Hermès attend ce feedback permanent de ma part, sinon ça ne va pas.

Une autre chose à préciser également, c’est qu’Hermès voit son licol et sa longe comme gage de sécurité, si je lâche la longe en balade, même quand tout va bien, c’est la panique et je n’existe plus (quasiment plus en tout cas) et c’est la fuite. J’ai fait X essais, dans X situations, avec X outils, ça ne passe pas pour le moment. Il ne veut pas que je le lâche, pourtant je ne l’ai jamais abandonné dans la forêt avec les coupe-jarrets ahah

Je pense qu’indirectement je l’ai conditionné à être dans un état d’esprit serein quand il a son licol, car je ne suis pas une humaine très fun et que je refuse tout simplement qu’il soit ingérable en longe ou quand il est à côté de moi (si tu es ingérable/ que tu sautes partout, tu t’éloignes de moi ou je m’en vais : P- power !). Ceci est valable uniquement dehors, car en intérieur on bosse en lib sans aucun souci (c’est d’ailleurs toute la base de notre travail).

En discutant avec Marine, elle m’a fait percuté qu’Hermès se sentait peut être « désarmé » si je le lâchais car il n’avait pas l’habitude de bosser avec le licol et la longe sans que je le tienne.

Je commence à bosser ça en liberté en intérieur, car il est vrai que je n’ai pas du tout bossé en ce sens jusqu’ici et qu’il a peut être besoin de faire des séances à pied à la maison avec son licol et sa longe sur le dos (et non pas « tout nu » comme je peux faire habituellement).

En revanche, en intérieur, Hermès a toujours très à l’aise avec le fait d’être en liberté, c’est même plus simple pour certaines manip. Il a vraiment fallut que je lui fasse accepter le licol pour les soins par exemple, alors que je pouvais déjà faire les soins en liberté.

C’est aussi pour ça que j’ai débourré Hermès exclusivement en liberté à l’intérieur et en licol à cru dehors (notre débourrage s’est vraiment fait sur deux tableaux).

Et le débourrage là dedans ?

Pour parler débourrage, j’avais prévu de le débourrer vers 4 ans et demi…Et puis finalement j’ai changé les plans.

J’ai débourré Hermès à ses 3 ans tout pile.

(ouais je sais c’est méga choquant… Ah bah non, moi ça ne me choque pas, pas de consensus scientifique sur l’âge du débourrage, le travail intense plus que le reste semble être réellement néfaste pour les chevaux peu importe leur âge et à tous les petits malins qui viendraient me tomber dessus parce que « à 3 ans il n’a pas fini sa croissance » rappelons simplement que croissance et calcification osseuse ne veulent pas dire la même chose. Bref sur ce, fin de la parenthèse parce que je pourrais en parler 1000 ans).

Pourquoi ? Parce que c’est plus simple de maîtriser un jeune qu’un cheval plus âgé ? Alors non, même si on m’a effectivement balancé ce genre de truc sur Insta, mais parce que ça s’est bien passé et qu’Hermès était okay.

J’ai commencé à bosser le montoir de façon déguisé vers ses 3 ans. Je me perchais en haut d’un truc pour le brosser par exemple, j’en profitais pour le toucher de partout, mettre un peu de poids sur le dos etc… J’ai commencé si tôt à introduire ce boulot là, car au vu du merdier que c’était pour tout le reste, je me disais que si je pouvais anticiper pour que vers ses 5 ans, il soit assez cool pour être monté, ce ne serait pas du luxe.
Par souci de généralisation, j’ai bossé la même chose en forêt dès que je croisais un montoir potentiel. Je pouvais passer ma jambe et dehors il était beaucoup plus à l’aise qu’en intérieur sur ce point.

Un jour en montant sur des troncs couchés, je bosse le montoir, tout est okay, Hermès est super cool et bien attentif à tout ce qu’il se passe, je passe ma jambe sur dos et il a décalé son pied. Par bête réflexe de cavalière, j’ai compensé et je me suis retrouvée dessus.

Il s’est tourné pour avoir son bonbon et a pris le pas. 

Tout bêtement.

Un peu médusée sur le coup, j’ai totalement laissé faire. On a fait 10 mètres et j’ai mis pied à terre. Bonbon Bonbon Bonbon !

Evidemment, la sortie d’après, j’ai pas pu m’empêcher de recommencer, pour « voir si c’était juste un hasard » ou pas.

Ce n’était pas un hasard, je suis montée, sans me poser de question et Hermès a pris son bonbon, puis le pas.

Du petit boulet que je trainais au bout de ma longe habituellement, j’ai eu un petit cheval hyper décidé à poursuivre la balade. Bouton à l’appui, il n’a pas demandé à s’arrêter, mais plutôt à prendre le petit trot. J’ai dit que c’était okay (en licol avec juste la longe par dessus l’encolure…quand je vous dis que la peur je connais pas trop lol) alors il est parti au petit trot tout tranquille.

Un peu sidérée par la situation, j’ai demandé un arrêt à la voix, puis j’ai mis pied à terre.

Et voilà comme Hermès est devenu un cheval monté. Tout bêtement et sans heurt (c’était en Juin 2020).

Avant de recevoir des commentaires horrifiés sur mon manque d’éthique évidemment (oh !), je tiens à préciser que je ne suis pas partisane du débourrage sur des chevaux si jeunes. 

Alors bon faites ce que je dis pas ce que je fais c’est ça ?

Pas tout à fait, mais si pour une fois dans la vie avec votre cheval, il se passe un truc facile et hyper gratifiant, n’auriez vous pas eu envie de continuer ? Si vous me répondez « Non trop pas, j’aurais attendu » c’est que vous avez surement un cheval non-anxieux/ non-problématique.

Je reste une humaine avec tout ce que ça implique, je ne considère pas que c’était une erreur de le débourré si jeune, même si sur le principe je ne suis pas pour.

J’ai ensuite bossé en ce sens en intérieur pour coder les rudiments de la monte, notamment les arrêts (que j’ai codé à la cordelette) et le bouton stop à cheval pour qu’il puisse interrompre à tout moment la monte.

Nos premières balades se passaient à cru et en licol exclusivement vu que je ne lui avais pas appris à accepter le reste du matos (bon si tu as suivi, tu comprends que je fais tout dans le désordre, mais yallah).

Et j’ai vraiment senti Hermès devenir plus sûr de lui, beaucoup plus apte à demander d’avancer, d’explorer les nouveaux chemins. Franchement, c’était la première fois que je me sentais aussi bien avec lui et que je le voyais aussi cool.

Août 2020, 2 mois après avoir posé les fesses dessus pour la première fois.

En Octobre de la même année, j’ai commencé à le bosser en carrière une fois de temps en temps pour peaufiner les codes qu’ils connaissaient à cheval car ça restait super limité. J’ai dû faire 5 séances en carrière en 6 mois x) Tout le reste, il l’a appris dehors en balade.

J’étais très partagée entre le fait que « il est jeune c’est pas bien de monter dessus » et la réalité qui était franchement top. Je ne sais pas si je me dis ça pour me rassurer, mais je pense que beaucoup de personnes auraient aussi pu faire ce choix dans ce cas de figure.

Dans tous les cas, Hermès bossait assez peu de manière générale, même si je faisais des séances/balades à pied, ça ne durait jamais un temps considérable.

L’avantage dans tout ça, c’est que j’ai toujours été beaucoup marcher avec Hermès. La marche était vraiment notre activité de prédilection et Hermès a toujours eu une bonne musculature. Bien qu’assez fit quand il était plus jeune, il pouvait me porter sans problème (n’oublions pas que je suis un modèle d’humaine miniature, j’aurais fait 60kg je pense que je n’aurais pas vu les choses sous le même angle ^^).

Pour ce qui est de l’acceptation du matos, le sanglage et le side étaient les deux éléments les plus compliqués. Mais encore une fois, les boutons start/stop m’ont clairement sauvé la mise (et en attendant que ce soit okay, je montais à cru et en licol – quand même un sacré gentil petit gars pour un 3 ans !).

Soit dit en passant, à cette époque déjà je savais qu’un truc était un peu bizarre chez Hermès, je me disais que c’était un cheval plus stressé que les autres, moins facile et qu’il fallait que je bosse à fond sur son attitude. Pour les curieux.ses, les articles « Calme et Décontraction » en sont les témoins.

Et l’humaine dans tout ça ?

Et bah, elle en a gros !

Plus sérieusement, cette prise de conscience un peu hard m’a permis de voir les choses différemment.

En partant du principe qu’Hermès « est un cheval anxieux », je peux apprécier à sa juste valeur tout le boulot qu’on a fait ensemble. Jusqu’ici j’étais plutôt en mode « mais tu déconnes, tu le bosses pas assez, tu ne lui montres pas assez de trucs, aller bouge toi meuf ». Aujourd’hui, je m’accorde du répit. 

2 des 3 dernières balades qu’on a faites ont été très difficiles. 

La première, à cheval, m’a convaincue de recommencer à partir uniquement à pied (car si je pars à cheval, je descends si besoin ou reste à pied un moment) et la deuxième, à pied cette fois, m’a convaincue de faire une pause tout court dans les sorties.

Chaque hiver, je suis contrainte de ralentir le rythme des sorties car elles me demandent une énergie de MA-LADE. Cette année, je fais de vraies pauses volontaires et sans me culpabiliser de ne pas le sortir.

Je me concentre sur du travail à pied ou du boulot en intérieur, car il travaille vraiment super bien.

Autant cultiver les choses positives, pour ne pas m’enfoncer…

Après un mois sans sortie, je me suis autorisée à l’emmener dehors quand nous avons eu de la neige, car Louve, Hermès et moi adorons ça. 30 min, 2km à pied, une chouette balade même si les poilus étaient barjo tant ils étaient contents d’être dans la forêt enneigée.

Si tu lis cet article et que tu reconnais ton cheval dans mes propos, tu sais à quel point ce constat est décevant.

La charge de travail est particulièrement monumentale et la progression très lente.

J’avais prévu d’avoir un cheval « assurance vie », de pouvoir partir partout, faire des randos, des stages à droite à gauche, des week- ends à la plage, de la compet’ etc… aujourd’hui, je ne dis pas que c’est impossible, mais je sais que ça va me demander un travail considérable pour le préparer et pour ensuite pouvoir l’emmener quelque part..

Nous sommes bien loin de ce que j’attendais et mine de rien, ça compte beaucoup.

Quelques fois, à bout, je me suis dit « mais ce n’est pas possible, il me fait chier, je vais le vendre et basta ». Mais bon, honnêtement, je regrette encore d’avoir vendu Ravage d’une part et d’autre part, j’aime beaucoup Hermès.

Même s’il ne colle pas à l’image que j’avais en achetant « un cheval de loisir pour tout faire », il faut bien reconnaitre que je suis très attachée à lui, mais que lui aussi est très attaché à moi.

J’aurais eu un cheval indifférent, je pense que je m’en serais séparée, pour en trouver un autre qui puisse faire tout ce dont j’ai envie.

Même si au fond de moi j’aimerai qu’on me dise « oh la vache, matte cette étude, 100% des chevaux comme Hermès sont comme ça parce que blahblahblah » ça ne résoudrai rien.

Parce que savoir « pourquoi » dans un cas pareil, ça n’apporte pas de solution.

La castration ? Ses origines ? Le sevrage ? Un évènement traumatisant inconnu ? 

Je n’en sais rien et j’ai arrêté de chercher. Force est de constater que les personnes avec qui je discute qui ont des chevaux comme ça ont souvent des hongres.

Au passage, les personnes qui ont eu la délicatesse de me dire des trucs genre « Océane, franchement il faut que tu le travailles pour les manips et les soins, car s’il t’arrive un truc, qui s’occupera de lui ? Ce n’est pas de temps dont il a besoin, mais de travail sur ces problématiques là», je vous prête Hermès GRATOS.

Blague à part, Hermès m’a permis de faire un tas de progrès sur moi et de remise en question, notamment sur le travail à la nourriture (car j’étais plutôt « anti-bouffe » avant), j’ai franchement l’impression de redécouvrir les chevaux grâce à lui ^^

Les Solutions

Tout d’abord, je reste convaincue que le travail à la nourriture et le R+ ont été un atout majeur dans la gestion de ses émotions (se greffe à tout ça les cibles, les boutons start/stop etc..).

La vie en extérieur avec les copains l’a surement beaucoup aidé à rester relativement stable.

Tout récemment, j’ai découvert la méthode Masterson. C’est une méthode qui pourrait s’apparenter à de la détente musculaire. Cette méthode de massage/manipulations, s’appuie sur le fait que par le touché, on vient donner un signal au cerveau (= système parasympathique qui « ralenti » l’organisme grosso modo) de relâcher une tension.

Cette méthode a fait sens pour moi, car dans le cadre de mon travail, j’ai été formée à l’ergonomie humaine de manière assez rudimentaire. Etant artisan, mon premier outil c’est mon corps, j’ai appris des postures pour relâcher mécaniquement certains muscles, pour que ceux ci indiquent au cerveau « relâche moi je ne travaille plus ».

Séance de frite, 10/2022, photo de Marion

Ces exercices ont pour but de réhabituer le cerveau à « éteindre » les muscles non sollicités (genre tu sais tes trapèzes en fin de journée qui sont durs comme du bois alors que tu ne fais rien). Ayant vu des effets très positifs sur moi même, je me suis dit que cela pourrait fonctionner pour Hermès aussi, car lorsqu’on a mal quelque part et qu’on est tendu, difficile de se trouver dans un état d’esprit serein.

C’est une méthode qui vise également à améliorer la performance et c’est vrai que depuis que je pratique sur Hermès, il engage beaucoup mieux et arrive à me donner son antérieur droit sans problème.

Autre solution envisagée, les probiotiques. Je me suis découverte une passion pour ce sujet il y a un an, grâce au bouquin «  Le charme discret de notre intestin » et depuis, je potasse dur là dessus.

J’ai commandé des probiotiques chez Horse Remdy, j’ai pris la gamme « Self and Guts » spéciale pour les chevaux stressés. A base de rodiole et magnésium pour aider le petit Cheval joli à s’apaiser. 

Après 1 mois et demi, je ne vois strictement aucun effet… En revanche, je pense qu’à la fin du sachet, je le mettrais sous « Probioguts » à l’année.

De manière plus générale, je fais des séances très courtes (parfois littéralement 2min) et je ne suis pas exigeante. Si c’est un jour « sans », je vais vraiment me contenter du minimum, qu’il réponde ou propose juste un petit peu pour pouvoir récompenser beaucoup et toujours garder un super « compte en banque affectif ».

Cela parait contre productif à beaucoup de monde, en équitation classique, on ne comprend pas trop qu’il faille récompenser un cheval qui ne fait pas grand chose… Mais peut être que pour lui à l’instant T le « pas grand chose » c’est déjà énorme, alors, si on veut qu’il donne plus la prochaine fois, il faut l’encourager, lui montrer qu’on a compris son état du moment et qu’on est super contente de lui.

Généralement, j’ai d’ailleurs des séances vraiment géniales à la suite, Hermès me donne beaucoup plus que ce que j’attends (et ça c’est cadeau ma petite).

Petite précision également, je ne suis pas de la team « c’est un jour sans donc je ne fais rien ». Cela peut m’arriver de ne pas avoir envie de bosser un jour où je vois qu’il est tendu, mais en général, j’ai plutôt tendance à considérer que c’est l’occasion de bosser son fitness émotionnel, en faisant par exemple une micro séance à pied (genre 5min et basta avec beaucoup de récompenses).

Autre astuce qui fonctionne pas mal, récompenser les moments de relâchement ou les signaux d’apaisement. Cela peut sembler bête, mais une fois qu’on a bien appris à lire son cheval, même s’il ne contrôle pas son état émotionnel, appuyer les moments de relâchement en récompensant, c’est un plus.

Je ne donne pas de bouffe, ni de marqueur, mais j’encourage verbalement « okay, c’est bien » et quelques secondes après je distribue aléatoirement (=sans marqueur) un truc un manger.

Je compte aussi un peu sur le mimétisme. A savoir, le mimétisme inter espèce est quasi inexistant de manière spontanée, en revanche, cela peut s’apprendre. Encore une fois, il suffit de capturer le moment où le cheval adopte une attitude similaire à la notre et à récompenser pour ancrer le comportement.

Par exemple en extérieur, Hermès est tendu, hypervigilance et compagnie, je me détourne du dit danger et je regarde mes pieds, son encolure ou tout autre truc neutre puis essaie de le mobiliser au niveau du licol, je clic dès qu’il cligne les yeux (les chevaux ne clignent quasiment pas de yeux quand ils sont en hyper vigilance) et l’encourage à brouter. On ne redémarre ensuite que lorsqu’il arrête de manger l’herbe comme un affamé et retrouve un rythme de brouting plus lent.

En intérieur, pour une même situation, je n’interviens pas vraiment sur lui, mais j’ai tendance, soit à m’en aller (Hermès est par définition collé à moi en permanence) pour l’encourager à bouger, soit je balance à manger par terre, ou je dynamise son attitude en l’encourageant à toucher/suivre la cible par exemple.

Autre code inédit, Hermès peut réclamer à manger.

Oui, oui, t’as bien lu.

Dans des situations difficiles, je distribue en général de façon régulière et aléatoire sans marqueur, pour conserver une attitude gérable. Mais parfois, je ne distribue pas assez vite pour l’aider à maintenir un niveau de stresse acceptable. C’est le seul moment où Hermès a le droit de mettre le nez sur ma pochette à friandises. 

Pourquoi j’ai mis en place cela, alors qu’en travail à la nourriture on a tendance à faire tout l’inverse ?

Et bien, je n’ai rien mis en place pour une fois. C’est bel et bien Hermès qui m’a codée ahah

Hermès est poli et respectueux de la nourriture, même quand il a une pêche de malade et qu’il veut faire plein de choses, un simple « Non » ou « t-t-t Hermès » suffit pour qu’il se remette lui même à sa place. Mais j’ai constaté que parfois, quand ça fait peur (ou pas d’ailleurs car souvent ce sont des situations que je ne trouve pas effrayantes) Hermès colle systématiquement son nez sur la pochette.

Au début, je lui demandais la politesse, erreur. Cela le faisait passer du stade « okay ça va presque » à l’état « ça ne va plus du tout ». 

Au fur et à mesure, je me suis rendue compte que si je récompensais plutôt que de lui demander d’être poli, j’avais un résultat beaucoup plus satisfaisant et accessoirement, un cheval qui au fil du temps, réclame moins sa friandise du courage, puisqu’il sait que j’ai pigé que ça n’allait pas.

Encore une fois, le plus difficile pour moi, ç’a été d’aller contre mes bêtes réflexes d’équitation classique. Mais finalement, grâce à une bonne dose d’anthropomorphisme, j’ai compris pas mal de choses et éradiqué certaines de mes réactions toutes pourries.

Exemple concret, je suis légèrement agoraphobe, cela peut tout de même me provoquer des crises d’angoisse, notamment s’il y a un mouvement de foule.

Il y a 2 mois, nous sommes allés à un concert sur Paris avec mon conjoint. Tout allait très bien jusqu’au moment de sortir de la salle. Pourtant en apparence, rien de nouveau, tous les gens étaient déjà là sous mes yeux, depuis 2h et j’avais pu anticiper qu’ils allaient sortir de la salle de concert. Oui mais non, début de crise d’angoisse en 15secondes top chrono quand tout le monde s’est levé. J’ai eu plusieurs moments de gel, comme Hermès, où j’étais plaquée au mur à demi en train de chialer parce qu’il y avait des gens partout. Mon conjoint, pas tenue par le bras et m’a parlé, m’a rassurée « aller on va vite sortir, marche vite, comme ça on sera vite dehors ». Autre phase de gel quand nous somme arrivés dans le hall, E. m’a perdue, il a remonté le flot des gens pour me récupérer et m’emmener aux toilettes. J’ai pu souffler et sortir sans faire de vraie crise d’angoisse.

Qu’en aurait-il été s’il m’avait braillé dessus ou foutu une gifle ? J’aurais peut être avancé plus vite, mais je n’aurais à l’évidence, strictement aucune confiance en lui.

Pourquoi cela serait-il différent pour nos chevaux ? (ou tout autre poilu d’ailleurs).

Il est vrai qu’en tant que petite humaine face à une grosse bête comme Hermès, j’ai beaucoup de mal parfois à aller contre ma volonté de lui brailler dessus pour qu’il se tienne tranquille si j’ai peur. Mais force est de constater que rester plus solide qu’un chêne et montrer à Hermès que je suis prête à me faire manger à sa place par cette terrifiante vieille dame qui promène son chien, tout en lui donnant des bonbons, c’est franchement plus efficace.

J’avance petit à petit avec ce super petit cheval joli, c’est parfois compliqué car je ne comprends pas toujours ce qu’il a, mais mine de rien, bien que dur à encaisser, cette prise de conscience me permet d’envisager les choses différemment et surtout d’être vachement plus sympa avec moi même, car comme beaucoup d’entre nous, je suis hyper exigeante avec l’humaine que je suis et j’ai tendance à me dire que je ne fais jamais assez pour que ça s’arrange.

J’espère que cet article apportera du soutien (si ce n’est une solution) aux personnes qui le liront et rappelez vous Dumbeldore « On peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres…Il suffit de se souvenir d’allumer la lumière » 🕯️

4 commentaires

  1. Merci pour cet article – en plus il est loooong, tout ce que j’aime ahah 🙂
    C’est une problématique que je ne connais pas trop – le cheval dont je m’occupe est plutôt du genre inverse, mais en tous cas toutes tes réflexions sont très intéressantes comme toujours !

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    • Merci pour ton message ! J’avais peur justement que l’article paraisse interminable, ouf 😬 heureusement, la grande majorité des chevaux (que je connais en tout cas) n’est pas comme Hermès, sinon je pense que l’équitation ne serait plus un sport à succès ahah

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  2. Je me suis retrouvée avec adana (oh une jument !) en lisant ton article.
    Elle observe tout. Fais des longues pause dans ses déplacements et se transforme parfois en dragon ou se fige. Heureusement le dragon revient beaucoup moins depuis nos débuts. On (surtout moi 😅) a appris, remis en question, observé, dialogué différemment et mis beaucoup de choses en place similaires aux vôtres.
    Mais c’est une sacré tâche que d’être les gardiens de nos jolis anxieux !

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