Le travail monté en R+

Hermès a eu 3 ans cette année et pour poursuivre son apprentissage de petit cheval polyvalent, j’ai commencé le débourrage en Juin.

Mon fil conducteur est resté le même que pour le reste de notre travail et c’est grâce au R+ que je l’ai amené dans le travail monté.

Peu importe la méthode employée, il est indispensable de travailler en amont à pied le maximum de choses possibles, afin que l’étape « montée » soit simple pour tout le monde.

Il est beaucoup plus facile d’amener une mini étape supplémentaire l’une après l’autre, que de franchir d’un coup un cap énorme.

Hormis le côté harnachement, je vais essayer de vous décrire ci après comment j’ai procédé avec mon petit poilu pour arriver à poser mes fesses dessus et commencer le travail monté.

Le montoir

Étape qui suscitera peut être un vif étonnement, mais j’ai bel et bien commencé par là (ahah).

Si votre cheval appréhende déjà cette partie là, inutile de préciser que la suite sera certainement mal engagée…

J’ai profité des supports surélevés pour apprendre à Hermès à venir à côté (une mangeoire, une souche, un tabouret…). Le but de l’exercice était qu’il vienne se placer de lui même à cet endroit quand j’y étais perchée.

Avant d’envisager de grimper dessus, je l’ai invité à s’approcher, s’arrêter et rester immobile près du montoir. Pour ce faire, la cible a encore une fois été ma meilleure alliée.

Je me perche sur le montoir, indiquait à Hermès d’approcher « click – bonbon », il s’arrête à côté « click-bonbon », il reste immobile à côté « click-profusion de bonbons ».

Travail du montoir avec Hermès

Petit à petit, il a intégré que si je me perchais quelque part, c’était une très bonne occasion de venir se positionner à côté pour être récompensé.

Évidemment, j’ai essayé au maximum de varier les montoirs, les situations, les lieux…. Dans le pré sur un tabouret ou une mangeoire, dans la forêt sur une souche, dans le village le long d’une barrière etc..

J’en profitais pour le toucher en étant perchée, en le caressant de partout, en le brossant, en lui touchant l’autre côté du ventre, tout en récompensant régulièrement son immobilité.

Les premiers temps, afin de lui laisser autant de choix que possible, il était en liberté, puis petit à petit j’ai réitéré l’expérience dehors avec une longe et un licol.

Un jour en forêt lors d’une balade, j’ai vu un magnifique tronc, à la hauteur idéale pour bosser le montoir. J’ai osé pour la première fois passer ma jambe sur son dos. Et 5 min plus tard, je me suis laissée glissée à califourchon. Je n’en revenais pas d’être là haut, si bien je suis immédiatement descendue (j’étais visiblement plus surprise que lui d’en arriver là ^^ )

Quelques jours plus tard pour « figer » un peu tout ça, je suis allée me percher sur la mangeoire dans le pré et en moins de deux, je retrouvais de nouveau sur son dos.

Mes intentions étaient clairement définies cette fois là et Hermès était plus tendu que la première fois. Par la suite j’ai donc veillé à continuer de travailler le montoir complet pour que cela devienne une simple formalité. J’ai ajouté le bouton start aux étapes être certaine qu’Hermès était prêt.

Première fois à cheval dans le pré !

La marche

Une fois qu’on sait se tenir debout, il faut apprendre à mettre un pied devant l’autre.

Le montoir ne posant plus de souci, j’ai cherché une solution pour amener la marche.

Et devinez quoi, j’ai aussi utilisé une cible 😀

Toujours dans l’idée de récompenser le moindre effort de sa part, j’ai commencé par positionner une cible stationnaire un mètre devant le montoir : mon super cône de chantier.

Le cône positionné à quelques pas du montoir

Je grimpe là haut, je m’installe, m’assure qu’Hermès est prêt et serein et je donne mon code « Target ». Elle proche, mais l’oblige à faire un pas.. et nous voilà faisant notre premier pas !

« click – bonbon », s’il la touche de nouveau, je redonne à manger.

Au fur et à mesure j’ai éloigné le cône du montoir et ai remplacé « Target » par «Marche », précédemment codé à pied.

La fois d’après, lors d’une balade en forêt, je grimpe sur un montoir, monte sur Hermès et indique « Marche », il m’a ainsi promenée sur la longueur du chemin (en licol la longe dans la main, j’avais pas vraiment prévu que ça marche à vrai dire ^^ )

Voilà pour les deux grandes premières étapes, facile me direz vous, mais ça ne fait pas tout niveau travail monté !

Le Travail à pied

Si l’on se rappelle l’introduction de cet article, le but est que ce soit simple. Alors, comme pour être bon à l’obstacle, il faut travailler son dressage, pour être bon à cheval, il faut qu’il sache déjà travailler à pied.

Coder le maximum de choses à pied est beaucoup plus aisé et compréhensible pour le poilu , il n’a pas à gérer notre poids/son équilibre/ et pourquoi t’as tes pieds autour de mon ventre Hooman.

Le harnachement peut aussi être source de perturbations, c’est pourquoi je vous conseille vivement de travailler avec un cheval harnaché (préalablement habitué à accepter le matériel sereinement!) lors de vos séances à pied.

Les allures peuvent être codées à la voix « Marche – Trotte – Vrouut pour galoper » (oui je sais c’est bizarre mais je trouve ça plus clair x), la cible = best alliée ever pour cette étape aussi.

Pour les indications de rênes, j’ai utilisé du sculpting/shaping en travail à l’épaule principalement et plus récemment, les longues rênes, qui m’ont d’ailleurs permis de débloquer les arrêts à la tension des rênes, car je ne l’avais qu’à la voix (supertropcool, mais les rênes c’est pratique aussi!).

Au même titre que le travail monté, il est tout à fait possible de se créer des petits exo sympa avec des barres au sol, des cônes, une bâche … pour aiguiser la maniabilité du petit poilu.

Dans ce cas de figure, je ne fais pour ma part que du travail au pas, car courir au rythme d’Hermès, faire attention à mes indications et au cône et à la barre au sol etc.. Je ne gère pas du tout, je suis même plutôt nulle ^^

Moment d’observation pendant une séance de longues rênes

Choisir des contextes « faciles »

Un contexte facile pour commencer le travail monté, c’est un endroit où votre cheval se sent en sécurité, qu’il connaît, où il est habitué à travailler à pied/se promener, avec un copain, un humain qui le rassure à pied….Bref vous êtes le/la mieux placé.e pour le savoir.

Dans notre cas, pour commencer le « vrai » travail monté aux trois allures c’était en forêt (avec Loulou!).

Je précise que dans tous les cas, je n’hésite pas à descendre (voir à mettre pied à terre en sautant) si j’estime que la situation devient tout à coup dangereuse/effrayante/génère trop d’émotions pour Hermès. Un sanglier qui surgit, un vélo un peu co* qui déboule en brayant, un troupeau de renardeaux qui détale dans les fougères (trop mignoooonnnnns), ça ne prévient pas  et ça peut rapidement stresser un petit Touffu. Donc règle n°1 pour nous : conserver l’association positive du travail monté au maximum. Click-bonbon-grosses caresse et on broute si besoin.

Je pars toujours seule, même la première fois que je me suis dite « c’est parti, aujourd’hui, ce sera notre première balade montée » et il est évident que si vous avez à dispo un super copain passe partout, armez-vous en ! 😀

À chaque allée son allure. Pour commencer le trot et le galop, je privilégiais des larges allées en sable avec une bonne visibilité, faciles à gérer pour nous deux. L’avantage du sable c’est que c’est assez fatiguant, ça me permettait ainsi de lancer Hermès au trot ou au galop sur quelques mètres et de demander un arrêt en douceur, vivement récompensé derrière, sans qu’il n’est envie de battre son record de vitesse.

En parlant d’arrêt, s’il y a bien une chose à coder en priorité à pied, c’est ça ! Fortement récompenser et même si l’idée ne vient pas de vous : être arrêté doit toujours être cool ! Si vous n’avez plus de bonbon, une poignée d’herbe fait l’affaire, un mini brouting aussi 🙂 Coder l’arrêt à la voix est un plus, car dans notre cas Hermès a mis plusieurs mois à piger l’action des rênes pour l’arrêt (malgré notre boulot à pied en amont, comme quoi, tout ne se passe pas comme on le souhaite par fois ahah), mais il s’arrêtait à la voix impeccablement 😀

Hermès a vu des moutons, je mets pied à terre pour le rassurer

Coder les jambes

Grâce aux codes oraux des allures, je n’ai pas eu de souci à débloquer la marche, le trot et le galop.

BUT j’ai mis du temps à trouver comment coder les jambes (= je sers les jambes : tu marches/passes à l’allure supérieure).

Cela fait une semaine que j’ai enfin trouvé le truc pour lui faire comprendre, car jusqu’ici il répondait « un peu au hasard ».

Lorsque je récompense Hermès à cheval, il s’arrête au click, prend son bonbon et redémarre « quand il veut ». Si je n’ai pas besoin qu’il reste arrêté, ma foi, ça m’est égal qu’il prenne le pas.

Mais voilà un indice pour lui faire comprendre à quoi serve les jambes « précisément ».

Hermès prend son bonbon et souhaite redémarrer. Je lui demande de rester arrêter « click-bonbon », j’attends qu’il ait fini de manger, je le caresse, puis après quelques secondes d’immobilité, touche ses flancs de mes mollets et donne mon code « Marche ». click-bonbon.

La seconde fois, il a essayé de redémarré moins franchement, même procédé que la première fois « click-bonbon ».

La troisième fois, il n’a pas essayé de redémarrer, j’ai juste serré les jambes au bout de quelques secondes, sans donner mon code vocal. Et il a pris le pas. Hell Yeah ! Il a compris 🙂

J’ai en quelques sortes codé les jambes comme un bouton start : tu peux marcher au pas quand je sers les jambes, pas avant.

Sachant qu’il connaît ce principe (même si d’habitude c’est lui qui donne son bouton start), je pense qu’il vite compris que c’était un signal de départ (et non une pression à laquelle se soustraire absolument) et je dois dire qu’il est particulièrement précis à ma demande 🙂

Déjà un brai petit cheval de rando – Forêt de Fontainebleau Août 2020

Le Bouton Stop

Un petit plus qui peut être particulièrement utile pour le cheval (si l’humain le respecte, bien entendu..!) c’est le bouton stop. Le but de ce bouton est que le cheval puisse dire s’il veut qu’on descende. J’ai appris à Hermès à toucher mes pieds avec son nez s’il souhaite que je descende. Pour lui apprendre, à cheval, j’ai présenté un pied et donné mon code « Target » (= touche avec ton nez), une fois qu’il s’est exécuté, j’ai mis pied à terre et récompensé.

J’ai réitéré quelques fois cet enchaînement, puis j’ai fini par arrêté de récompenser pour voir s’il avait pigé que « toucher mon pied = je descends ». Il a bien intégrer le code, mais ne l’utilise quasiment jamais, je fais souvent des petites séances de rappel pour vérifier qu’il s’en souvient bien/qu’il a bien compris le principe.

Objectivement, je pense que j’arrive assez bien à anticiper quand il souhaite que je descende ce qui me permet de mettre pied à terre avant qu’il n’ait besoin de demander.

Le « vrai » boulot

Oui tout cela, c’est bien beau, mais si je veux dérouler une reprise je fais comment ? Si je veux travailler à l’obstacle ça donne quoi ?

J’ai envie de dire : c’est comme le reste. Y aller par petites étapes, récompenser le moindre effort, être juste dans ses aides et le plus précis possible (et oui, on n’a pas un cheval précis en étant un bourrin ^^). J’ajouterai aussi faire des séances courtes qui augmentent dans la durée petit à petit.

Hormis les balades qui durent « le temps de la balade » si je monte en carrière, ça dure GROS MAX 15 minutes et ça représente déjà une grosse séance à mon goût.

Le travail monté ne représente qu’une partie minime de notre boulot, si je monte 1 fois par semaine à tout casser, c’est déjà pas mal (alors oui, toi qui est scandalisé.e que je monte mon 3 ans, tu peux souffler un coup).

Nous n’avons fait que 3 séances en carrière jusqu’ici. Je me concentre sur des choses basiques, comme pour le boulot à pied : qu’Hermès soit calme, qu’on explore un coin de carrière s’il fait peur, qu’il réponde avec légèreté-tranquille à mes demandes. Le tout en récompensant quand c’est bien, en baissant mon exigence s’il n’y arrive pas et en restant toujours dans l’optique que tout doit être facile.

Petit point légèreté d’ailleurs, si vous avez lu mon article sur le sculpting, vous savez déjà comment j’ai procédé pour avoir de bons résultats niveau légèreté, rapidement.

Mais si vous ne l’avez pas lu, voilà comment je bosse là dessus.

Je fais toujours mes étapes crescendo : à l’arrêt, au pas, au trot, au galop. Tant que ce n’est pas correct, je ne passe pas à l’étape du dessus. S’il n’arrive pas à gérer une demande au pas, inutile de dire qu’il n’y arrivera pas mieux au trot…Et que ce sera certainement laborieux … Donc pas positif, nul, on oublie !

Pour les indications de rênes: j’écarte ma rêne et joue dans mes doigts légèrement à gauche (car je veux qu’il tourne la tête à gauche héhé), je n’augmente pas la pression, j’attends. Il tourne la tête « click-bonbon ». Quand il répond « tout de suite », je fais la même chose au pas etc.

Je ne reste jamais en pression constante sur mes rênes, je joue dans mes doigts, que ce soit pour tourner, pour s’arrêter. Une pression constante, implique qu’il faut être deux pour tirer et donc pas sûre que ça nous fasse gagner en légèreté ^^

Exploration montée en carrière

Les figures de manège larges sont notre programme du moment, on vient tout juste de commencer à trotter et je dois dire qu’Hermès est un sacré bon élève. Je récompense à la fin de chaque figure ou s’il a proposé un truc chouette, comme à pied finalement.

Nous abordons gentiment les figures plus serrées au pas et là encore, il est franchement précis 🙂

C’est vrai que ça peut sembler « long » toutes ces étapes, ces séances très courtes, ces mini échelons gravis, mais objectivement, je préfère faire un pas en avant tous les 3 jours, sans jamais reculer, que de franchir 32 étapes en une séances et ne plus pouvoir rattraper mon cheval le lendemain au pré.

Le travail monté, encore plus sur un jeune cheval ou pour un débourrage, ce n’est pas anodin.

Ce que je retiens de notre parcours, c’est qu’avant de monter Hermès harnaché, je suis montée en liberté dans le pré. Généralement, on fait plutôt le contraire, pourquoi ?

La vraie question est surtout « pourquoi ne peut-on pas monter sur son cheval en liberté même au débourrage ? »

Le petit mot de la fin…

Une vidéo particulièrement chouette du travail monté en R+, par Georgia Bruce et son cheval Angel :

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