La Cible

La cible ou target en anglais, est un outil particulièrement utile.

Le but est que le cheval touche la cible et non l’inverse contrairement à un stick par exemple.

J’utilise trois styles de cible/target : pour le nez, pour les pieds ou d’immobilité.

{J’ai tendance à dire « cible » pour le nez et « target » pour les pieds, allez savoir ! ^^ }

La cible de nez est d’ailleurs l’un de premiers exercices que j’ai appris à Hermès lors de nos débuts en R+ .

La cible/target de nez

Pour que le cheval la touche avec le nez, rien de plus simple.

On présente un objet au cheval et dès qu’il le touche avec son nez, « marqueur »,on récompense et on cache l’objet (perso je le mets derrière mon dos).

Le cheval va alors vite intégrer que s’il touche l’objet qu’on lui présente, il est récompensé.

Pour ma part j’ai utilisé une bouteille d’eau vide car c’est facile à dissimiler et à manipuler.

Mais n’importe quel petit objet peut faire l’affaire (un petit cône, une brosse…)

Première séance de clicker -introduction d’une cible

Quand Hermès a bien pigé l’exercice, j’ai commencé à introduire des pointages. C’est à dire, poser la cible au sol et la pointer du doigt. C’est une phase où j’ai beaucoup accompagné Hermès car c’était un peu le début de « l’autonomie » pour lui et il était très hésitant.

Hermès est toujours très proche de moi et s’éloigner n’est pas forcément naturel.

Les premières fois il ne comprenait pas, j’ai donc touché du bout du doigt la cible pour l’aider à comprendre la petite nouveauté.

Une fois que c’était ok, je me suis éloignée un peu et j’ai de nouveau pointé l’objet.

Hermès a très vite compris les pointages quand j’ai commencé à utiliser des petits cônes. Il les renversait et je pense que ça l’a beaucoup aidé à trouver un intérêt supplémentaire.

Même si je donnais mon marqueur, il ne prenait pas la friandise tant qu’il n’avait pas renversé son petit cône.

C’était assez drôle à voir je dois dire !

Pointage d’un cône pour travailler le changement de cible

Actuellement nous commençons à travailler sérieusement le changement de cible. J’arrive à le faire bouger sur 4 cibles différentes (des petits cônes disposés en carré, qu’il renverse joyeusement). Je l’accompagne sur chacune des cibles, mais les pointages sont vraiment compris. J’arrive à m’éloigner un peu plus à chaque séance.

Le but est qu’il finisse par aller toucher une cible à plusieurs mètres de moi.

La cible/target de pieds

Comme beaucoup, j’utilise une frite de piscine pour la target de pieds.

L’avantage c’est que c’est ferme et en mousse, donc pas de risque de se faire mal et en même temps ça se tient.

Pour introduire la target de pieds, j’ai commencé tout bêtement par la laisser « négligemment » dans le passage d’Hermès.
J’ai également utilisé un sac au bout d’une chambrière pour apprendre à Hermès à suivre quelque chose.

Ce qui est très simple avec Hermès, c’est qu’il me suit partout, par conséquent, si je faisais un pas, je savais qu’il allait en faire un aussi. Il me suffisait ensuite d’anticiper où il allait poser ses antérieurs pour que la target se retrouve sur son passage.

Dès que son pied/sa jambe touchait la frite, « marqueur » + bonbon.

En une séance il a compris et même TRÈS bien compris !

Il tendait l’antérieur pour toucher la target plus vite et j’ai eu quelques petits pas de pantherwalk (voir le site de Intrinzen), en une séance seulement.

J’étais vraiment ravie, d’autant qu’il semblait vraiment apprécié ce nouvel exercice.

Maintenant il hennit dès que je sors la frite de la voiture ! 😀

L’intérêt d’une target de pieds, c’est qu’on peut déplacer le cheval.

Les premiers pas hésitants d’Eglantine avec la target – Capturés par Marion Maillet

J’ai commencé par apprendre à Hermès à toucher la target avec ses antérieurs, puis à la suivre (je la place différemment pour qu’il comprenne).

Une fois que j’ai réussi à obtenir plusieurs mètres de pas et même de trot, j’ai commencé à lui apprendre à déplacer les épaules et les hanches ainsi que le reculé grâce à la target.

Cela fonctionne évidemment par aspiration puisque c’est le cheval qui va sur la cible et non l’inverse.

Puis dans la foulée, au bout de deux séances nous avons commencé les déplacements latéraux.

Je tiens à préciser qu’Hermès connaissaient déjà bien (ou en partie) ces exercices, néanmoins, il les exécute avec une grande facilité et beaucoup de légèreté depuis que nous le faisons à la target.

La cible d’immobilité

C’est certainement ce que j’utilise le moins avec Hermès pour le moment, car il a encore du mal à être immobile donc je ne concentre jamais une séance complète à ça.

Le but d’une cible d’immobilité est d’avoir un point de repère pour le cheval sur lequel il doit rester.

J’ai déjà travaillé avec un cerceau (les 2 antérieurs dedans) et un sac plastique (un peu malgré moi car je l’ai posé dans le pré et Hermès est resté sur place. J’ai donc beaucoup récompensé ! #scanandcapture :D)

Immoblité avec le cerceau

Lorsque je travaille sur l’immobilité, sachant que c’est difficile pour Hermès, je tolère qu’il bouge mais reste à proximité immédiate de la cible (en gros au moins un pied dessus). C’est un compromis qui nous permet de progresser 🙂

Au même titre, si je veux attacher Hermès pour des soins par exemple, mais qu’il n’est pas dans un bon jour, je ne l’attache pas, mais en contre partie, il doit rester où je l’ai mis. La barrière face à laquelle il est, est en quelque sorte une cible d’immobilité.

Autre utilisation des cibles/target 

Parlons soins justement avec le medical training.

L’intérêt d’apprendre à Hermès à toucher une cible avec son nez, a été déterminant pour la prise de vermifuge.

Hermès a horreur de ça et aucune technique de leurre ne fonctionne avec lui car il déteste les odeurs et goûts nouveaux. La compote dans la seringue ça ne prend pas avec le petit gars.

J’ai commencé par lui présenter chaque jour la seringue avant de lui donner la ration. Les premiers jours il refusait même de venir manger. Puis petit à petit, s’il approchait, « marqueur » + ration, il a fini par accepter que j’ai la seringue en main, pour venir tranquillement prendre sa ration.

Pour faire de bisous, pas besoin d’apprentissage particulier.. 🙂

J’ai rajouté de plus en plus de conditions au fil des jours : approcher la seringue de la tête, toucher la seringue avec son nez, toucher la commissure des lèvres, garder contact 3 sec, mettre la seringue dans la bouche (le tout en liberté dans le pré).

Le jour du vermifuge fini par arriver, je l’ai pris au licol et j’ai répété les mêmes étapes, en récompensant beaucoup avec des carottes (haute valeur pour Hermès). Quand j’ai réussi à introduire la seringue dans la bouche j’ai immédiatement poussé le piston pour lui administrer l’entièreté du vermifuge en une fois.

Il n’a pas du tout apprécié et refusait par la suite de m’approcher sans broncher (et ce pendant 2 jours) néanmoins j’avais réussi à le vermifuger.

Je compte bien reprendre ultérieurement le medical training pour figer l’apprentissage de la seringue et ne plus provoquer de comportement d’évitement ou de fuite de la part d’Hermès.

La target me permet également d’apprendre à Hermès à s’éloigner de moi.

J’ai fabriqué une target télescopique avec un bout de frite au bout d’un grand bâton. Étant donné qu’Hermès sait qu’il doit se concentrer sur la frite uniquement (sinon je ne récompense pas), je peux varier sa position par rapport à moi en fonction de comment je tiens le bâton.

En début de séance il a généralement du mal à s’éloigner donc je l’autorise à être relativement près, ensuite je l’éloigne petit à petit.

Je commence d’ailleurs le travail en cercle autour de moi avec ce principe, Hermès s’éloigne et se laisse guider par la target.

Parlons d’ailleurs du sujet de la « bulle » tant abordée dans les méthodes Parelli (dans lesquelles il y énormément de choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord au passage…).

Le principe de bulle est d’imposer un espace dans lequel le cheval ne doit pas rentrer. Jusqu’ici, ça me convient et je suis assez d’accord. Néanmoins, cette fameuse notion est particulièrement stricte pour quelque chose d’aussi subjectif. Pour ma part, ma bulle varie en fonction du moment, du cheval, de son attitude et de l’environnement.

Par exemple j’autorise Hermès très fréquemment a être collé à moi, car je sais que je suis en sécurité. Si la situation change, je laisse toujours la place pour qu’il puisse faire un écart/ démarrer sans que cela ne devienne dangereux pour moi. Et en respectant ces principes, je dois dire que je n’ai jamais été bousculée, piétinée ou que sais-je par aucun de mes chevaux (même lors de « grosses peurs »). Je tiens aussi à soulever une question : comment peut-on exiger du cheval qu’il respecte en permanence notre bulle quand nous passons notre temps à entrer dans la sienne (et ce, sans forcément prêter attention à ce qu’il en pense) ?

Vaste blague à mon sens.

Difficile d’être plus proches 🙂 – instant capturé par Mahaut D’Ornellas

Pour revenir sur le sujet initial, je n’utilise donc pas la target dans le but de faire « respecter ma bulle » (car je dois dire que je n’ai que très peu de souci avec Hermès), mais réellement pour travailler plus en autonomie (même principe que pour les longues rênes par exemple).

Target ou stick ?

Pour ma part je trouve que quoi qu’il en soit, les deux sont encombrants ^^ aussi je pense qu’ils sont certainement utiles dans l’apprentissage mais qu’une fois les codes vocaux/postures/gestes acquis, nous sommes sensés pouvoir nous en passer. Complètement.

C’est d’ailleurs ce à quoi j’aspire avec Hermès : pouvoir un jour me passer de target pour tous les mouvements (mais le chemin est encore long 🙂 )

Mon avis sur le stick (carrot stick) est assez tranché, car même s’il est sensé être le « prolongement du bras » je trouve que dans les faits, ça ne ressemble en rien à un bras ou une même une main. À moins que les utilisateurs « tapotent » (voir tapent carrément n’ayons pas peur des mots!) leur cheval pour lui apprendre à céder à la pression avec leur main… Car vous noterez que contrairement à une main qui pousse le cheval, le stick le touche rapidement en petits coups secs (encore une fois, c’est toujours ainsi que je l’ai observé).

Je n’en ai d’ailleurs jamais utilisé avec mes chevaux.

Mais si je ne dis pas de bêtises, le stick s’utilise par monter en phases (« poil, peau, muscle, os » si j’ai bien retenu ce qu’on m’a dit il y a 10 ans, mais maintenant on préférera les termes « phase 1,2,3,4 » car c’est moins barbare à l’oreille mais le résultat est le même selon moi…), qui permet d’intensifier progressivement la demande si le cheval ne répond pas correctement.

Mai 2019

La target aspire le cheval, donc par principe elle est le strict opposé du stick (même si l’on peut aspirer un cheval avec un stick, l’apprentissage des aspirations se fera par pression opposée à l’humain pour que le cheval se rapproche de celui ci) (oui ce n’est pas très clair mais je ne sais pas comment expliquer autrement, youtube sera ton ami pour te montrer ce sur quoi je n’arrive pas à mettre de mot ahah).

Là où je trouve la target intéressante (c’est d’ailleurs ce qui m’a poussée à l’utiliser), c’est qu’elle laisse le choix au cheval.

Il n’est pas obligé de se soustraire à une pression pour exécuter un mouvement. Il essaie d’interagir avec la cible et de comprendre ce qu’on attend de lui. Les réponses ne sont pas ou peu orientées et la motivation grâce à la nourriture permet de rapidement obtenir des mouvements plus complexes sans coercition.

Le cheval n’est pas dans la fuite et je pense que cela a un énorme impact dans son rapport avec l’apprentissage et l’humain qui l’éduque.

4 commentaires

  1. Vraiment passionnant 🙂
    Pour l’introduction de la seringue de vermifuge par la commissure, comment t’y es-tu prise ? Normalement, c’est bien le cheval qui vient à la cible, du coup comment passer par ce mouvement ? Ou alors, pour une fois c’est nous qui approchons la cible et de suite marqueur-récompense ?

    Merci pour cet article 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Merciiiii 🙂
    Les étapes ont été à peu près celles ci (+beaucoup de récompenses) : toucher avec le nez, garder contact quelques secondes, positionner la seringue sur le côté de la bouche et attendre le contact, prolonger le contact, orienter la seringue « dans la bouche » puis prolonger le contact 🙂
    Je ne sais pas si je suis très claire, mais il faudrait que je vienne te montrer 🙂

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s